Histoire des caractères (2)
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Linotype–Monotype
L’évolution des techniques de composition marque la fin du xixe siècle avec la création de la Linotype (1880, machine à composer des lignes bloc) et de la Monotype (1884, machine à composer des caractères mobiles) qui, avec le Pantographe (1885, pour reproduire facilement les dessins sur des poinçons), transforment complètement la scène typographique. Cela entraîne de nouvelles créations: certaines, comme le Cheltenham (ITC Century, ITC Cheltenham), ou le Franklin Gothic (Morris Fuller Benton, 1903), se déclinent en de nombreuses graisses pour la publicité naissante. D’autres s’inspirent du travail de Nicolas Jenson (xve siècle), comme le Centaur (Bruce Rogers, 1914), et de la gravure lapidaire romaine, comme le Perpetua et le Gill Sans (Gill Sans) (Eric Gill, 1929-30). Enfin, certains sont assez novateurs comme le Metro et le Caledonia (William A. Dwiggins, 1930-38), et le Romulus (Jan van Krimpen, 1925), premier caractère incluant des versions avec et sans empattements.
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ITC Century, ITC Cheltenham.
Adaptation libre des dessins originaux dans lesquels l’œil a été considérablement agrandi. Tony Stan, 1975, ITC.Gill Sans.
D’inspiration garalde, la première linéale incluant un vrai italique. Eric Gill, 1928, Monotype.Times New Roman.
Le caractère du siècle dessiné pour le journal du même nom. Depuis, des thèses démontrent que Morison n’aurait qu’adapté une création de l’Américain Starling Burgess datant du début du siècle. Stanley Morison et Victor Lardent, 1932, Monotype.La guerre commerciale bat son plein, les fonderies sortent toutes leurs revivals: Cloister (M. F. Benton, 1897), Garamont Monotype (voir partie 1) (F. Goudy, 1921), Bembo, Fournier, Baskerville “par” Stanley Morison (Monotype, 1920). Ce dernier, l’une des figures les plus emblématiques de la typographie, travaille – avec Beatrice Warde, sa collaboratrice – pour la Monotype comme conseiller typographique: il supervise le prestigieux programme des caractères et “dirige” par ailleurs la revue The Fleuron. En 1932, le journal The Times (Times New Roman) commande son propre caractère à Morison, qui le fait dessiner par Victor Lardent.
Peignot.
Mélangeant capitales et minuscules, ce caractère reste encore aujourd’hui assez original. Adolphe Mouron Cassandre, 1930, Deberny et Peignot.Les fonderies françaises n’ayant pas suivi l’évolution technique, leurs créations ne peuvent avoir le succès qu’elles méritent. Deberny & Peignot sort le Banjo (Maximilien Vox, 19930), le Peignot (Peignot) (Cassandre, 1937), le Sphinx Son président, Charles Peignot – également fondateur de l’Association typographique internationale (ATypI) compense son retard technologique par la publication de la revue Arts & Métiers graphiques et des Divertissements typographiques, ces derniers dédiés à la démonstration de compositions typographiques utilisant les caractères Deberny & Peignot, et dont Maximilien Vox – fondateur des Rencontres internationale de Lure – assure la direction artistique.
Le Bauhaus
(linéales géométriques)![]()
Futura.
Conçu hors Bauhaus, il reste symbolique de cette période. Très recemment, une nouvelle version a été numérisé d’après les dessins originaux. Paul Renner, 1928, Bauer (now Neufville).Herbert Bayer dessine plusieurs caractères expérimentaux, dont un caractère sans capitales (1925) et le Bayer Type (1935) pour la fonderie Berthold. Dans Die Neue Typographie, Jan Tschichold théorise les principes d’une nouvelle typographie. Il crée un monoalphabet incluant une version phonétique qui tenait compte des propositions de réforme de l’Allemand et les Saskia et Transito, caractères plus décoratifs (vers 1930). Même si les caractères du Bauhaus n’ont pas été réellement exploités, ils restent des références (Futura).
L’après-guerre
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Vendôme, Antique Olive, Mistral.
Tout l’esprit français d’après guerre. Encore utilisés sur de nombreuses vitrines de magasins en France. Roger Excoffon, 1951–53, Olive. Note: Récemment, ITC a ajouté des graisses supplémentaires, des petites capitales et des chiffres minuscules au Mistral original.![]()
Optima.
D’un dessin très pur, il mélange tradition et modernité tout en faisant référence aux capitales romaines. Hermann Zapf, 1958, Stempel.ITC Fenice.
Une Didone contemporaine assez osée dans son dessin. Comparez-le aux modèles historiques de la partie 1. Aldo Novarese, 1980, ITC.Hermann Zapf, très inspiré par la calligraphie, crée le Palatino (1948), puis le Melior (1952), l’Optima (Optima) (1958) et plus tard le itc Zapf Chancery (1979). Aldo Novarese crée pour la fonderie Nebolio des caractères classiques: Garaldus, Augustea, Égizio, et originaux: Eurostyle (1952), Stop (1971), puis travaille pour les Américains d’itc: Novarese, Fenice (ITC Fenice) (1980). La fonderie Olive édite des créations qui marquent le paysage graphique français: Vendôme, Banco, Mistral et Choc (Vendôme, Antique Olive, Mistral) (1951- 53), caractères de Roger Excoffon qui, en réaction aux linéales universalistes, conçoit l’Antique Olive (1960). Jan Tschichold, qui a changé radicalement de style, dessine le Sabon (1967 ), premier caractère pour tous systèmes mécaniques: de la Monotype, Linotype, Intertype jusqu’à la photocomposition. L’invention de la photocomposeuse Lumitype-Photon (1949) par deux Français, Higounet et Moyroud, marque le début de grands changements.
Le style international
(linéales grotesques)![]()
Univers.
Première famille conçue dès le départ en 21 séries (puis 27). Adrian Frutiger, 1957, Deberny & Peignot. Note: Frutiger vient de retravailler une nouvelle version New Univers, publié par Linotype, qui inclut de nombreuses nouvelles graisses tout en amélioration de la progression des ces mêmes graisses.![]()
Helvetica.
Avec le Times, il est devenu le caractère par defaut des ordinateurs. Max Meidinger, 1958, Haas.![]()
Frutiger.
15 ans séparent ces deux créations majeures (Le premier c’est de l’Univers, le deuxième, du Frutiger). Cette dernière, conçue d’après un caractère appellé Roissy créé pour la signalétique de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle au début des années soixante dix, est l’un des meilleurs caractères du genre en terme de lisibilité-visibilité. Adrian Frutiger, 1973–76, Linotype.L’Univers (Univers) (1957) d’Adrian Frutiger est l’un des premiers caractères dessinés pour la Lumitype (et le plomb). C’est un caractère universaliste conçu pour répondre à toutes les applications graphiques. Très prolifique, Frutiger dessine également d’autres linéales, dont le Frutiger (Frutiger) (1976). En Suisse, dans les années 50, un élan créatif, dû au Bauhaus “réfugié,” influence encore le graphisme contemporain. Ses fondements reposent sur une mise en page asymétrique exploitant les blancs, l’utilisation de gabarits et des linéales comme l’Helvetica (Helvetica) de Max Meidinger (1958) et l’Univers, caractère fétiche d’Emil Ruder. L’“imagerie” typographique de Josef Müller Brockmann apporte au style international une marque indélébile. Wolfgang Weingart (1968) est le premier, en rupture, à pratiquer une typographie New Wave qui va influencer des Californiens comme April Greiman (1980).
Les années 60 et 70
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ITC Benguiat.
Le parfait exemple du style ”ITC” en vogue dans les années soixante dix. Ed Benguiat, 1977, ITC.![]()
ITC Avant-Garde Gothic.
La plus importante création de caractères d’Herb Lubalin qui prend sa source dans la création du logotype qu’il avait fait pour le magazine de la fin des années soixante du même nom. Herb Lubalin and Tom Carnase, 1970, ITC.![]()
ITC Eras.
Conçu au départ en une graisse pour le studio Hollenstein dans les années 60, Albert Boton l’a enrichi de 5 autres pour sa commercialisation aux États-Unis. Albert Boton, 1977, ITC.En 1960, les premières “lettres transfert” voient le jour, avec Letraset et ses créations originales. La mode, l’éphémère gagne la typographie. Herb Lubalin crée la revue U&lc pour promouvoir les collections de caractères de l’International Typeface Corporation (ITC). Ce distributeur vend des caractères indépendamment des machines qui les utilisent: l’ITC Benguiat (ITC Benguiat) d’Ed Benguiat, l’ITC Avant-Garde (ITC Avant Garde) d’Herb Lubalin, l’ITC Eras (ITC Eras) d’Albert Boton, sont des succès. Les premières photocomposeuses numériques apparaissent, les premiers systèmes de reconnaissance optique des caractères offrent aux dessinateurs de nouvelles possibilités: Frutiger crée l’ocr-b et Wim Crouwell conçoit, en référence à ces nouvelles technologies, un monoalphabet et des caractères évoquant les bitmap. Ladislas Mandel en Europe avec le Galfra (1975), Matthew Carter aux États-Unis avec le Bell-Centennial (1978) utilisent la technologie numérique du bitmap pour concevoir des caractères adaptés aux très petits corps des annuaires téléphoniques.
L’informatique
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Industria.
Inspiré par ses propres créations pour la revue The Face. Neville Brody, 1990, Linotype.![]()
Swift.
D’un genre nouveau, spécialement développé pour la presse quotidienne, sa principale caractéristique repose sur une horizontale très affirmée. Gerard Unger, 1987, Hell.Avec sa mise en page pour la revue anglaise The Face, Neville Brody marque ces années 80. Les caractères de titrages qu’il a créés pour cette revue sont d’inspiration constructiviste: les Insigna, Industria (Industria) (1980-90). Gerard Unger crée pour Hell les Demos, Praxis (1977), qui forment une famille multistyle, puis un caractère d’un genre nouveau spécialement adapté à la presse quotidienne, le Swift (Swift) (1987). Gerard Unger continue de créer des caractères spécifiquement pour la presse quotidienne et spécialement étudiés sur le plan de la lisibilité comme le Gulliver (1994) et plus récemment le Quaranto (2000).
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Emperor, Citizen, Matrix, Mrs Eaves, Tarzana
Zuzana Licko est l’une des rares créatrices contemporaines qui, à chaque nouveau caractère, sait expérimenter et créer de nouvelles tendances. Zuzana Licko, 1985-98, Emigre.En Californie, la revue Emigre, conçue par deux immigrés “européens” avec les premiers Macintosh, est dédiée à l’expérimentation. Zuzana Licko crée l’Emperor (1985), inspiré par les bitmap utilisés pour l’affichage écran, le Citizen et le Matrix (1986-89), caractères simplifiés qui évoluent avec l’avancée technologique, jusqu’à des caractères plus traditionnels comme le Mrs Eaves (1996), un Baskerville, et le Tarzana 3 (1998), une linéale (Emperor, Citizen, Matrix, Mrs Eaves, Tarzana).
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Stone Serif, Stone Sans, Stone Informal
Une des premières familles qui permet d’utiliser alternativement plusieurs styles en fonction du message à faire passer. Sumner Stone, 1987, Adobe-ITC-Stone Type Foundry.![]()
Myriad.
Premier caractère utilisant la technologie Multiple Master offrant àl’utilisateur le choix exact de ses graisses, chasses, etc. Carol Twombly et Robert Slimbach, 1992, Adobe. Note: Une nouvelle version OpenType nommée Myriad Pro est maintenant disponible.
Parallèlement aux expérimentations, Adobe, l’inventeur du PostScript et du tandem Illustrator-Photoshop, développe une série de caractères plus classiques. Sumner Stone, alors responsable du programme typographique chez Adobe, crée la famille des Stone (Stone) (1987) en trois variantes: Serif, Sans et Informal. Robert Slimbach signe une très belle interprétation du Garamond (1989), et le Minion (1991). Et avec Carol Twombly—qui crée le Trajan, Lithos (1989) et l’Adobe Caslon (1990)—, ils dessinent le Myriad (Myriad) (1992), premier caractère utilisant la technologie du Multiple Master. Avec Apple et Adobe, la typographie est enfin libérée des contraintes liées à la technologie.
L’internationale de la typographie
Libérée de la technique de composition, la création de caractères est une création à part entière. Bitstream, créée vers 1980 (entre autres par Matthew Carter), est la première fonderie numérique. Vers 1995, Agfa rachète Monotype et créé la Creative Alliance pour concurrencer Adobe. Dans ses dernières années, avant l’absorbtion par Agfa Monotype, l’International Typeface Corporation publie différentes réinterprétations de caractères Anglais créés par Dave Farey comme les New Johnston et Golden Cockerel. Linotype devient indépendant et publie de nouvelles versions de ses grands classiques tel les New Univers et New Syntax. Pour enrayer la chute des prix, les différents acteurs essayent de se démarquer par la distribution de créations originales.
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Verdana, Georgia.
Ces caractères ont été développés avec l’écran comme destination finale. Ils utilisent du hinting de haute qualité réalisé par Tom Rickner pour Microsoft. Matthew Carter, 1996, Microsoft.![]()
Sylfaen.
L’un des premier caractère OpenType dévellopé pour Microsoft comme modèle pour des fontes comprenant un jeu de caractères important. Une version limité est disponible avec Windows 2000. John Hudson, 1998, Microsoft.Microsoft s’attaque lui aussi aux fontes et fait travailler Matthew Carter sur des fontes adaptées à l’écran: Verdana et Georgia (Verdana, Georgia) (1996). Du fait du developpement en commun depuis 1996 d’un nouveau format avec Adobe, Microsoft fait dessiner le Sylfaen (Sylfaen) (1998), une imposante fonte OpenType par Tiro Typeworks, parmi d’autres de chez Monotype. Adobe, aussi, ressort certains de ses grands classiques comme les Minion Pro et Myriad Pro (Myriad) (2000) dans le format OpenType, y incluant d’imposant jeux de caractères couvrant également des écritures tel le grec, cyrillique et proposant la substitution automatique des ligatures ainsi que les petites capitales.
Les fonderies individuelles
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FF Meta.
Le premier caractère FontFont. Cette fonte à commencée sa vie comme projet de caractère d’entreprise pour la poste Allemande en 1985, mais n’a jamais été accepté. Son créateur a heureusement décidé de le terminer quelques années après. Erik Speikermann, 1990, FontFont.FF Just left hand.
Créé en une nuit avec son alterego Erikrighthand par Just van Rossum et Erik van Blokland, qui, tous deux jouent avec les nouvelles technologies et essayent de dépasser les limitations naturelles de l’informatique. Just van Rossum, 1991, FontFont.Eagle.
Le parfait exemple des re-créations de Font Bureau de caractères américains tel ceux de l’ATF. David Berlow, 1989, Font Bureau.Mantinia.
Un des plus beaux caractères uniquement en capitales incluant de nombreuses ligatures et petites capitales supérieures. Matthew Carter, 1993, Carter & Cone.Stone Print, Cycles et Arepo.
Trois exemples du travail de Sumner Stone. Le Stone Print est le caractère exclusif du magazine de graphisme américain Print. Sumner Stone, 1994-1999, Stone Typefoundry.Cycles et Arepo.
Trois dessins (de 72 pt à 6 pt, montré à la même taille) de la même famille. Chacun d’entre-eux ayant été méticuleusement dessiné pour fonctionner au meilleur de lui-même à la taille pour laquelle il a été conçu. Sumner Stone, 1995-1999, Stone Typefoundry.En parallèle, des fondeurs comme FontFont commercialisent des créations très originales comme celles de LettError et leurs FF Beowolf (1990, caractère aléatoire), FF JustLeftHand (FF Just left hand) (1991), plus classiques comme le FF Meta (FF Meta) (1990) d’Erik Spiekermann, fondateur de FontShop, le FF Scala – Scala Sans (1991-93) de Martin Majoor, le FF Thesis en 144 styles de Luc(as) de Groot (1994) qui ne fait plus partie des FontFont et est distribué par la fonderie de son créateur, Lucasfonts (2000). David Berlow revisite les caractères du début du XXe siècle, dernier comme les Bureau Grotesque (1989), Eagle (Eagle) (1989), Rhode (1997), d’abord pour la presse américaine, tel Rolling Stone, avant de les commercialiser avec d’autres sous le label Font Bureau. Ils publient aussi quelques caractères adaptés à la presse quotidienne en conjonction avec le Poynter Institute, comme le Poynter Text créé par Tobias Frere-Jones.
Avec l’arrivée de nouveaux modes de distribution comme le Web, les créateurs de caractères ont gagné leur indépendance et ouvrent de petites structures pour commercialiser leurs typos, comme les Carter & Cone et le Mantinia (Mantinia) (1993), Hoefler Type Foundry et le Hoefler Text créé au départ pour le système 7 Apple (Hoefler Text) (1995-98), T-26, Stone Type Foundry (Cycles and Arepo) (1998).
Caractères récents.
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Une courte liste de caractères contemporains.
HTF Didot, Knockout, Hoefler Text, Mercury, Hoefler Typefoundry.
Chalet, House Industries. Simian, House Industries.
Bliss, Shaker, Jeremy Tankard typography.
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A short list of french contemporary typefaces.
Bebop, PrésenceTypo.
Ambroise, Porchez Typofonderie. FFAngie, FontFont.
Champion, François Boltana.
Une deuxième vague, lié à l’emergence du web, commence par distribuer ses caractères directement, à l’image de Jeremy Tankard, qui cesse la distribution de son succés, le Bliss par Agfa. Le site web de Tankard, comme de nombreux autres, offre maintenant un système de prévisualisation des fontes utilisant la technologie Macromedia Flash. Cette mouvance est due au nouveau média, le web qui remplace, en version globale, les cataloques des distributeurs locaux. Les fonderies les plus grosses comme les Hoefler Type Foundry ou House Industries offrent également leurs fontes en téléchargement immédiat et achat sécurisé. Les plus petites souscrivent au système MyFonts.com, qui offre un service similaire en retour d’une commission assez réduite sur les ventes.
En France, la situation est le reflet de ce qui ce passe outre-Altantique à un niveau plus petit. Le premier qui commença à distribuer ses fontes est sans nul doute, François Boltana (1955–99) et son Champion (Champion) (1989). Porchez Typofonderie et Radiateur Fonts le suivent dans les années 90, et quelques autres sont maintenant sur le marché, tel Présence Typo conduit par Thierry Puyfoulhoux, ou le Typophage de Christophe Badani. Ce qui mieux—ou pire (!)—avec cette nouvelle méthode, c’est que le client est en contact direct avec le créateur de caractères.